La fin du mois sacré du Ramadan est marquée par la célébration de l’Aïd el-Fitr, appelée « Seli fitini » en bamanakan. Cette journée symbolise la fin du jeûne et rassemble les familles autour de la prière, du partage et de la solidarité, après un mois de spiritualité, de prières, d’invocations et de sacrifices.
Interrogé sur le sujet, l’imam Mody souligne la grande importance spirituelle de cette fête. Selon lui, les musulmans entament la journée par la prière collective à la mosquée. « Cette fête marque la fin du Ramadan et constitue une récompense pour les fidèles après un mois de jeûne, de prière et de patience. Elle est aussi un moment de gratitude envers Dieu et de renforcement des liens familiaux ainsi que de la solidarité au sein de la communauté », explique-t-il.
Ainsi, la fête de l’Aïd el-Fitr ne se limite pas à une simple célébration. Elle symbolise la foi, la générosité et l’unité entre les membres de la société, des valeurs profondément ancrées dans la culture et la religion musulmane.
Toutefois, cette fête revêt un caractère sacré pour les musulmans. Beaucoup se préparent en amont, notamment les femmes, les jeunes et les enfants, qui entament les préparatifs dès la veille de ce jour tant attendu.
Selon Alima Traoré, ménagère, la fête marque la fin d’un mois de sacrifice. « Nous préparons de bons plats, nous nettoyons la maison et nous accueillons la famille, les amis et les voisins. C’est un moment de joie et de bénédiction », précise-t-elle.
Pour sa part, Maïmouna Diarra, également ménagère, souligne l’importance de penser aux plus démunis. « Avant la prière de la fête, nous donnons la zakat el-Fitr afin que tout le monde puisse célébrer dans la dignité », affirme-t-elle.
Chez les jeunes, l’ambiance est souvent synonyme de joie et de retrouvailles.
Amadou Koné, étudiant, explique : « Après un mois de jeûne du Ramadan, les jeunes sont heureux de célébrer l’Aïd el-Fitr. Nous allons à la prière le matin avec nos parents, puis nous rendons visite aux amis, aux proches et aux autres membres de la famille dans la joie. »
De son côté, Awa Konaté, élève, partage le même sentiment : « J’aime beaucoup ce jour parce que nous portons de nouveaux habits, nous passons la journée en famille et nous recevons souvent des cadeaux ou de l’argent des aînés », dit-elle avec le sourire.
Pour les hommes, la dimension spirituelle reste essentielle, souligne Kissima Doucouré, père de famille. Selon lui, la fête est avant tout un moment de remerciement à Allah pour avoir permis aux fidèles d’accomplir le jeûne du Ramadan. « Nous allons à la grande prière et nous demandons pardon les uns aux autres. Beaucoup de familles profitent aussi de cette occasion pour aider les plus démunis et partager un repas avec eux », précise-t-il.
Quant à Mehdy Savané, commerçant, il insiste sur l’importance de la solidarité : « C’est un jour où les familles se réunissent et où l’on partage les repas avec les proches, mais aussi avec les personnes dans le besoin, comme les orphelins ou les veuves. »
À noter que la fête du Ramadan ne se résume pas seulement à la fin du jeûne. Elle est surtout un moment de gratitude, de rapprochement et de compassion. À travers les gestes de partage et les retrouvailles familiales, cette célébration rappelle les valeurs fondamentales de l’islam : la fraternité, la générosité et l’amour du prochain.
Par Zeinabou Savané, stagiaire