Sport : après la phase de groupes, les Aigles du Mali peuvent-ils tenir tête aux ténors ?

Après la qualification des Aigles du Mali à l’issue de la phase de groupes, le sélectionneur national, Tom Saintfiet, s’est exprimé sur son compte Instagram pour rappeler quelques repères historiques liés aux performances du Mali en Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Le technicien belge, psychologue de formation, a rappelé qu’en 1972, le Mali avait terminé la phase de groupes avec trois matchs nuls avant de disputer la seule finale de CAN de son histoire. Il a comparé cette situation à celle de l’Italie en 1982, lors de la Coupe du monde, qui avait également enregistré trois matchs nuls en phase de groupes avant de devenir championne du monde. De même, en 2016, le Portugal avait enchaîné trois matchs nuls en phase de groupes à l’Euro avant de remporter le trophée.

En 2025, le Mali enregistre à nouveau trois matchs nuls en phase de groupes de la CAN, une situation qui pourrait ouvrir la voie à de grandes opportunités pour la sélection nationale. Cette performance marque une étape importante dans le parcours des Aigles, nourrissant l’espoir de franchir un cap et d’atteindre de nouveaux sommets sur la scène africaine, voire mondiale. La qualification obtenue après la victoire en huitième de finale face à la Tunisie aux tirs au but semble conforter l’analyse du sélectionneur belge.

Dans cette dynamique, le Groupe Lumière est allé recueillir les avis du public malien sur la suite de la CAN Maroc 2025.

Pour Alou Diallo, enseignant résidant à Koutiala, « J’ai été surpris par le match nul contre les Comores, surtout par le score vierge. Je ne m’attendais pas du tout à ce résultat. En revanche, la performance de l’équipe comorienne ne m’a pas étonné. Le Mali a manqué d’efficacité offensive, les attaquants n’ont pas su concrétiser les occasions. Pourtant, les Aigles ont les moyens de marquer. Face au Maroc, ils ont bien tenu leur rang, et j’en étais fier », a-t-il indiqué.

Poursuivant, il ajoute, « Franchement, les deux matchs du Mali sont bizarres. Je n’ai pas beaucoup d’espoir pour la suite, à moins que les Aigles ne changent leur façon de jouer. Si nous affrontons les ténors dans ces conditions, nous risquons de nous arrêter en huitième de finale. Je préfère analyser objectivement plutôt que de soutenir aveuglément », a-t-il conclu.

Pour sa part, Souleymane Balla Konaté, enseignant au groupe scolaire Kabala B, estime que, « Lors du match Mali-Comores, les attaquants n’ont pas été efficaces devant le but adverse, malgré une domination nette tout au long de la rencontre. »

Concernant l’avenir des Aigles dans cette CAN, il se montre prudent mais optimiste, « Je suis un peu sceptique, sans toutefois partager totalement l’avis des pessimistes. En analysant les performances de l’équipe, les Aigles ont montré leur vrai visage en tenant haut le drapeau national. Cela me donne de l’espoir pour la suite de la compétition », a-t-il affirmé.

Il ajoute également, « J’ai compris que l’équipe du Mali s’adapte progressivement aux adversaires qu’elle affronte. Vu le talent présent dans cette sélection, je pense qu’elle peut obtenir de bons résultats dans la suite de la compétition », a-t-il indiqué.

De son côté, Aly Cissé, journaliste à Studio Tamani à Bamako, se montre plus réservé, « J’estime que la sélection du Mali est mal partie pour les huitièmes de finale. L’équipe aurait dû gagner ses trois matchs de poule. Même si les Aigles se sont qualifiés, je pense que leurs chances d’aller loin dans cette CAN sont minimes », a-t-il déclaré.

Le portier malien Djigui Diarra, élu homme du match Mali-Tunisie, a confié, « Avant les tirs au but, mes coéquipiers m’ont dit : “Djigui, c’est le moment de nous aider à nous qualifier.” J’ai fait de mon mieux. Le trophée que j’ai reçu, je le dédie à Soumaïla Diakité, mon idole », a-t-il dit dans un éclat de rire.

Quant à Yves Bissouma, il a souligné la difficulté de la rencontre, « C’était un match très compliqué, surtout après le carton rouge reçu très tôt. Mais nous avons tenu collectivement jusqu’à la fin », a-t-il martelé.

Malgré des avis divergents, souvent partagés entre doutes et patriotisme, une chose demeure : les Aigles du Mali ont le devoir de briller sous le ciel marocain afin d’atteindre leurs objectifs. La victoire face à la Tunisie a ravivé l’espoir du peuple malien. La prochaine rencontre opposera le Mali au Sénégal, deux nations de l’Afrique de l’Ouest. À noter que le Sénégal s’est imposé lors de son dernier match par trois buts à un, tandis que le Mali s’est qualifié après une séance de tirs au but contre la Tunisie.Par Kibili Demba Kouyaté Sèke-Si, Stagiaire

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