AJSAD : Réformes législatives et éducation numérique au cœur d’une table ronde

L’Alliance des Jeunes pour la Sauvegarde des Acquis Démocratiques (AJSAD) a organisé une table ronde sur les réformes législatives et l’éducation numérique au service de la protection des défenseurs des droits humains au Mali, le vendredi 28 novembre 2025, à l’hôtel Olympe de Bamako.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président par intérim de l’AJSAD, Ousmane SANGARA, en présence du coordinateur du projet « Digihakew », Youssouf BOUDIOUGOU, et de Mme Nana Coulibaly.

Selon Ousmane SANGARA, l’AJSAD œuvre pour la promotion de l’engagement citoyen, de la solidarité, du développement durable et du bien-être des communautés. « Cette rencontre se veut avant tout un cadre d’échanges, de dialogue et de concertation. Elle nous offre l’opportunité de mutualiser nos expériences, de partager nos bonnes pratiques et d’explorer des pistes de collaboration solides et durables entre l’AJSAD, les organisations de la société civile et les ONG », a-t-il déclaré. Il a ajouté : « Les défis sont nombreux, mais les solutions existent lorsque nous unissons nos forces, nos compétences et nos ambitions. Seul un partenariat inclusif et participatif permettra de produire des impacts réels et mesurables au bénéfice de nos populations ».

Pour sa part, Youssouf BOUDIOUGOU, coordinateur du projet Digihakew, a rappelé l’objectif général du projet : « Renforcer le dispositif de protection des défenseurs des droits humains par la modification de la loi portant répression de la cybercriminalité et de la loi relative aux défenseurs des droits humains, ainsi que par l’intégration de l’éducation au numérique et aux droits humains dans le système éducatif malien d’ici fin 2026 ».

Il a également présenté les objectifs spécifiques du projet. Le premier vise à intégrer l’éducation au numérique et aux droits humains dans le système éducatif malien d’ici fin 2026. À cet effet, les programmes du secondaire et du supérieur devraient intégrer des modules sur les droits humains et l’usage responsable et sécurisé du numérique. Les activités prévues comprennent le diagnostic des curricula existants, l’élaboration de modules pédagogiques en collaboration avec le ministère de l’Éducation et les acteurs spécialisés, la formation des enseignants et la mise en œuvre pilote dans plusieurs établissements avant généralisation.

Le deuxième objectif spécifique porte sur le renforcement de la protection juridique des défenseurs des droits humains. Le résultat attendu est l’adoption d’une version amendée de la loi, incluant des mécanismes effectifs de protection, une reconnaissance claire du rôle des défenseurs et des mesures contre l’impunité des violations à leur encontre. Les activités prévues concernent l’analyse critique de la loi actuelle, l’organisation de consultations multi-acteurs, l’élaboration d’un document de plaidoyer et l’accompagnement du processus législatif.

Le troisième objectif vise à modifier la loi sur la cybercriminalité afin de prévenir son usage abusif contre les défenseurs des droits humains, tout en garantissant la sécurité numérique des citoyens. Le résultat attendu est une loi amendée renforçant la liberté d’expression en ligne et la protection contre les cyberattaques et la surveillance illégale.

Il est à noter que deux panels ont animé la rencontre : l’un sur la protection des défenseurs des droits humains au Mali, présenté par Diawoye MAGASSA de la CNDH, et l’autre sur la loi relative à la cybercriminalité, animé par Kassim KONATÉ, magistrat. Ces panels ont permis aux participants, venus de divers horizons, de mieux comprendre les enjeux liés à la protection des défenseurs des droits humains et à la législation sur la cybercriminalité.

Amadou Sala TOURE
www.groupelumiere.com

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