Avant d’évoquer le Festival international du Wassulu (FIWA), il convient de mettre en lumière son initiatrice, Oumou Sangaré. Véritable icône de la musique africaine, l’artiste a su porter haut le nom du Mali sur les scènes internationales, à travers de nombreux festivals à travers le monde. Forte de cette expérience, elle a nourri l’ambition de créer, dans sa terre natale du Wassulu, un événement culturel d’envergure, capable de stimuler l’économie locale et de valoriser les richesses culturelles de la région.
C’est dans cette dynamique qu’est né le FIWA, un festival qui se veut à la fois un espace de promotion artistique, de transmission des savoirs et de développement local. L’événement s’inscrit dans une vision durable, mobilisant les ressortissants du Wassulu autour de la préservation et du rayonnement de leur patrimoine culturel.
La 9ᵉ édition du FIWA s’est tenue du 12 au 14 février 2026 à Yanfolila, dans la région de Bougouni. Pendant trois jours, le cœur du Wassulu a vibré au rythme des traditions, des voix et des talents qui font la richesse de cette aire culturelle. Concerts, rencontres, expositions et activités culturelles ont ponctué ce rendez-vous devenu incontournable.
Placée sous le parrainage de Fatoumata Batouly Niane, cette édition a également mis en avant le rôle des femmes leaders dans la promotion des arts et de la culture africaine. Sa présence a renforcé les valeurs de solidarité et d’unité qui caractérisent le festival depuis sa création.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, représenté par son chef de cabinet, Dr Salia Malé, et le chargé de mission Amadou Diabaté. Elle a enregistré la présence des autorités administratives, politiques et coutumières de la région.
Région à fort potentiel minier, Bougouni s’affirme également comme un pôle culturel dynamique. Le FIWA contribue ainsi à renforcer cette identité, en faisant de la culture un levier de développement économique et social.
Placée sous le signe de la paix et de la cohésion sociale, l’édition 2026 du FIWA a proposé une programmation riche incluant des concerts, des panels, des visites touristiques et des expositions artisanales. L’objectif affiché est de promouvoir davantage les talents locaux et de contribuer à la revitalisation culturelle des territoires, en phase avec la vision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta.
Le représentant du ministre a salué l’engagement d’Oumou Sangaré et de son équipe, tout en félicitant la région de Bougouni pour sa victoire lors de la Biennale artistique et culturelle 2025 à Tombouctou. Il a également exprimé ses encouragements pour l’organisation de la Biennale prévue à Bougouni en 2027.
Sur le plan sécuritaire, le festival s’est déroulé sans incident majeur, grâce à la mobilisation des forces armées maliennes. Toutefois, un drame est venu assombrir la clôture de l’événement. Sur le chemin du retour vers Bamako, un accident de la circulation impliquant un véhicule transportant des membres de la délégation a coûté la vie à trois proches de la diva : Oumou Keïta, Ami Dicko et Teya Doro. Profondément affectée, Oumou Sangaré leur a rendu un dernier hommage en les accompagnant à leur dernière demeure.
Malgré cette tragédie, le FIWA 2026 demeure une réussite culturelle majeure, confirmant son rôle de vitrine du patrimoine du Wassulu et de moteur de cohésion sociale.
Amadou Sala Touré